• L’influence des confréries et des zaouïas

    Même la grisaille et le froid de ces journées hivernales n’ont pu empêcher le public milevien d’entrer dans la manifestation aïssaouie pour laquelle l’engouement populaire va crescendo. A fortiori, lorsque le programme est alléchant et polyvalent.
    Concomitamment à la séance pour femmes mettant en vedette, à la maison de la culture, les troupes Ouasfane de Constantine, Aïssaoua de Ouled Sidi Benaïssa de Souk Ahras et Baroud Berrayane de Ghardaïa seront en démonstration à Chelghoum Laïd et Ferdjioua. Quant au spectacle « in » de la soirée, il aura pour animateur Ness Aïssaoua de Tlemcen. Mais « la cerise sur le gâteau » de la 3e journée du festival aura été, sans conteste, la qualité et la richesse des communications axées sur la thématique de l’influence et la dimension de la littérature et la poésie souffie, ainsi que le rôle des zaouïas et des confréries en Algérie. C’est tout un pan de l’histoire inconnue ou mal interprétée des Aïssaoua, tant au plan de la purification de l’âme « tassaouf », la restriction « zohd », la stimulation de la conscience anticoloniale et la quête de transmission aux générations intermédiaires et futures des préceptes religieux, éducatifs et sociétaux, qu’auront tenté de lever à travers leurs interventions cheïkh Rahmoune et le Dr Abdellah Chemini. Le style des Aïssaoua, explicitera ce dernier, ne s’appuie qu’accessoirement sur le chant et la danse, car le vrai idéal recherché consiste à parfaire, à travers l’évocation infinie « dhikr » du Tout-Puissant, la spiritualité de l’adepte soufi, à telle enseigne qu’il se sente en communion avec Dieu ou qu’il se confonde en lui. L’aspect artistique ou folklorique de tariqa Aïssaouia n’est donc développé que dans la limite de la moralité et de la bienséance et dans le seul but de « charmer et d’attirer les jeunes » et les intégrer dans les synergies constructives d’éducation morale et de religiosité accomplie. « Le phénomène des Aïssaoua se décline donc comme un courant, à très forte connotation religieuse, s’appliquant à travers sa philosophie puritaine à la correction des concepts afin que soit évacué tout amalgame à ce sujet », dira, en substance, cheïkh Rahmouni. « Le soufisme et les manuscrits dans la wilaya d’Adrar », notamment dans les régions de Touat, Gourara et Tidikelt, sera l’autre non moins intéressant thème que décortiquera le Dr Ali Khellassi. En 1880, le nombre de zaouïas en Algérie avoisinerait les 3600, rapporte-t-on. Les plus fortes concentrations des zaouïas sont localisées à Mila, Tadjenanet, Chellghoum Laïd, Oued Ahtmania et Zaouïa Hamlaouia à Téléghma. Ce qui dénote au demeurant que le courant religieux des Aïssaoua était et est encore profondément enraciné dans la société.


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